
Le temps défile à une vitesse pas possible. Nous fin septembre et depuis le muffins à la myrtille de Yann Couvreur postés fin juillet, je n’ai pas donné signe de vie. Je vais remédier à cela avec cette tarte tatin aux coings dont tu me diras des nouvelles !
Le retour de l’automne et des saveurs réconfortantes !
Le mois de septembre, la rentrée scolaire (et les parents qui disent « Ouf ! »), les premières fraicheurs et grosses pluies (trop peu nombreuses cette année), les arbres qui prennent une jolie teinte rouille (et déposent leurs feuilles surnuméraires sur les trottoirs)… Pas de doute : nous sommes bel et bien en automne.
Par conséquent et comme je te le disais un peu plus haut, envolées les recettes estivales et gorgées de soleil et place aux saveurs doudou qui font autant de bien qu’un plaid posé sur les jambes pour bouquiner.
J’aime beaucoup cette période de l’automne parce qu’elle est un trait d’union entre l’été et l’hiver et on peut cuisiner des fruits comme la figue ou le raisin que l’on retrouve sur une très courte période et qui sont souvent méconnus.
En plus de 10 ans de blogging, j’ai pâtissé une palanquée de fruits différents mais pour cet automne 2026, je te propose d’adopter un fruit qui était jusqu’alors absent de mon blog : le coing !

Le coing, un fruit méconnu mais délicieux
Souvent, au sortir de l’été, on est un peu désappointés de devoir dire au revoir aux fruits rouges et jaunes, notamment en pâtisserie. On se dit alors qu’on va devoir se coltiner les pommes, les poires et les agrumes jusqu’au printemps prochain. Erreur !
En effet, en septembre (et octobre mais un peu moins), il existe plein de fruits que l’on peut utiliser en pâtisserie (et encore, je suis gentil, je ne te parlerai pas des courges et autres carottes qui font de très, très bons gâteaux…). En fin d’été, il y a donc les prunes mais aussi les figues, les raisins et les coings. Ces derniers sont un peu à part et méconnus. En effet, d’une part, il y a relativement peu de gâteaux au coing dans l’imaginaire collectif (la pâte ou la gelée de coings, à la limite) et, d’autre part, ce fruit est un peu relou à préparer.
Visuellement, le coing est à mi-chemin entre la pomme et la poire : jaune, un peu cabossé et légèrement duveteux. En outre, il est dur comme du caillou (j’exagère mais à peine) et on ne peut le manger que cuit. Enfin, sa saveur florale est assez suave et ne ressemble à rien de ce que tu peux connaitre, c’est pourquoi il se marie à merveille avec d’autres parfums comme dans cette tarte tatin !

Une ode à la tarte tatin…
Bien évidemment, puisqu’on est en automne et que l’hiver approche à grands pas (même si au moment où je rédige cette recette, la fenêtre est grande ouverte, le soleil brille et il doit faire plus de 25°C à l’extérieur, on va faire genre). Bref, je reprends. On arrive à une période où on veut du tout doux, du réconfort, du sucré. Or, quoi de plus doudou qu’une tarte tatin ? Une tarte tatin aux coings pardi !
Pour l’occasion, on est sur une version un peu « atypique » puisque les coings vont être transformés en lamelles, tu vas réaliser un sirop et toutes les étapes vont être faites séparément. Mais pas de panique, ça n’est pas beaucoup plus long (le temps que tu perds avec le sirop et les lamelles, tu le gagnes en temps de cuisson) et surtout tu obtiendras une tarte tatin de aux coings de compétition.

Une tarte tatin aux coings qui met les petits plats dans les grands
Tout d’abord puisque c’est ce qui saute aux yeux, cette tarte tatin est digne d’une pâtisserie de boutique. Son dressage et simplissime mais, visuellement, cela donne quelque chose de très propre et net (j’aurais bien dit « carré » mais cette tarte tatin aux coings étant ronde, ça aurait été étrange). On s’éloigne assez des tartes où les pommes se font la malle et où la pâte cuite avec les fruits fait de gros bourrelets disgracieux (même si la tarte tatin s’arrange très bien de cette rusticité qui lui est propre et fait tout son charme).
Par ailleurs, tu retrouveras tous les marqueurs gustatifs de la tatin : une pâte feuilletée bien beurrée et croustillante et des fruits fondants et délicieusement caramélisés mais avec un petit twist en plus : ce sirop aux épices. Au risque de me répéter, la saveur du coing est assez délicate et, ici elle est rehaussée par les notes d’orange et de cardamome qui sont toutes douces et gourmandes.
Et si d’aventure, il te fallait un peu plus encore de gourmandise, tu peux couronner cette tarte d’une cuillère de crème fraiche, d’une quenelle de chantilly voire d’une boule de glace vanille (bien évidemment, ces alternatives ne sont pas exclusives mais potentiellement cumulatives ^^). .

D’autres idées de desserts automnaux
Enfin, je terminerai cette présentation de ma tarte tatin aux coings en te proposant d’autres desserts et d’autres mariages de saveurs marqués du sceau de l’automne et des feuilles qui tombent :
– La tarte figues et noix de Yann Couvreur
– La tarte figues et olives de Claire Damon
– La tarte figues et raisins de Hugues Pouget
– Le cake aux figues de Michaël Bartocetti (et s’agissant de figues moelleuses, cette recette fonctionne toute l’année).
Tu l’auras compris, tu as laaaaargement de quoi t’occuper avant que je revienne par ici !

(G)romain fait des gâteaux… et aussi de la course à pied !
Avant de te dire à bientôt, je tenais à partager avec toi une petite information, un peu plus personnelle. A côté de tous ces gâteaux, je cours aussi beaucoup et, à la fin du mois de Novembre, je courrai le marathon de La Rochelle au profit d’une association.
Cette année, il s’agit d’EndoFrance, une association qui œuvre aux côtés de toutes les femmes atteintes d’endométriose. Outre l’argent récolté à proprement parler, à titre très personnel, je courrai en pensant très fort à ma petite sœur et mes amies). Si le cœur t’en dit, tu peux contribuer à ma cagnotte en ligne (pour faire une bonne action et me donner du courage le jour J).
Sur ce, je te souhaite la belle soirée et te dis à très vite,
(G)romain

La tarte tatin aux coings
Equipment
- 1 mandoline
- 4 cercles (à bords hauts et de 8cm de diamètre)
- 1 poussoir
Ingrédients
Coings au sirop épicé
- 200 g d'eau
- 100 g de cassonade
- 6 gousses de cardamome
- Zestes d'une grosse orange
- 4 coings
Montage
- 1 pâte feuilletée
Instructions
Coings au sirop épicé
- Tu vas commencer par réaliser le sirop en versant dans une casserole : le sucre, l'eau, les zestes d'orange et la cardamome.
- Tu fais chauffer jusqu'à totale dissolution du sucre.
- Maintenant, place aux coings. Tu les épluches, tu les coupes en deux et tu les vides. Il ne te reste plus qu'à les passer à la mandoline pour obtenir de fines tranches.
- Tu prépares une plaque recouverte d'une SILPAT ou d'une feuille de sulfurisé. Tu déposes tes cercles dessus.
- Avec un pinceau, tu vas alors badigeonner chaque lamelle de coing avant de les placer dans les cercles (au besoin, tu utilises un des cercles comme emporte-pièce pour découper les tranches de coing). Les coings vont réduire à la cuisson, ton cercle donc doit être presque rempli au maximum.
- Tu reproduis l'opération pour remplir tes 4 cercles et tu places une heure dans un four préchauffé à 180°C (si nécessaire, tu peux couvrir avec un aluminium à la fin de la cuisson pour éviter que les coings ne brûlent).
Montage
- Tu étales ta pâte feuilletée et tu la fais cuire entre deux plaques perforées pour ne pas qu'elle développe trop. En fin de cuisson, tu la lustres avec le sirop restant avant de replacer au four jusqu'à parfaite caramélisation.
- Une fois la pâte cuite et refroidie tu l'emporte-pièce délicatement avec un de tes cercles.
- Pour finir, tu déposes tes socles de pâte feuilletée sur ton plat de service. A l'aide d'une spatule, tu déposes chaque cercle de coings cuits dessus (en conservant le cercle en fer) et tu te sers du poussoir pour pour "tasser" les coings et faciliter "l'extraction" du cercle.
Notes
- Cette recette ayant déjà eu une première vie sur Instagram, tu peux aller voir mon Reel pour avoir un aperçu (en accéléré) de la manière dont je procède.
- Habituellement, je ne précise pas le matériel nécessaire à la réalisation de la recette. Toutefois, en l’espèce, je ne vois pas comment tu pourrais réaliser cette tarte tatin sans mandoline (le coing est tellement ferme que tu n’obtiendrais pas de tranches fines et/ou tu y laisserais un doigt, une main voire un bras) ou sans cercle et poussoir (à la limite, tu pourrais peut-être te débrouiller mais le résultat serait sûrement moins net).
- C’est chiant à éplucher les coings, je te conseille donc un économe très, très aiguisé type pèle-tomate.
- S’agissant de la pâte feuilletée, je n’ai pas change mon fusil d’épaule : il s’agit d’une tache un peu complexe et très longue et je ne suis pas certain que pour une « simple » tarte tatin, il vaille le coup de sacrifier 1/2 journée de ton temps à cette pâte. Par conséquent, je ne saurais trop te conseiller d’opter pour une pâte feuilletée de qualité à étaler (chez ton boulanger ou chez Picard/Thiriet pour la version surgelée).
- Néanmoins, si tu es un.e fanatique du fait maison, je te laisse te dépatouiller avec ces deux articles : la pâte feuilletée classique et la pâte feuilletée inversée.
